La communauté urbaine de Dunkerque a instauré une gratuité complète des transports depuis le 1er septembre 2018. Ce choix a été fait après une expérimentation de la gratuité partielle des transports, les weekends et les jours fériés. Une évaluation des effets de cette mesure a été réalisée et un rapport final a été rendu courant 2017 avec des résultats très encourageants.

On peut notamment souligner une hausse de la fréquentation les jours de gratuité de 40% en moyenne (+78 % le dimanche). Ces usagers supplémentaires sont très majoritairement des familles avec enfants (65%) et issus des milieux défavorisés (67%). Cette mesure est donc particulièrement utile pour favoriser la mobilité (active) des enfants issus de milieux défavorisés. En parallèle à cette augmentation notable de la fréquentation, une baisse de 59% des incivilités a été observée entre 2014 et 2016, ainsi que l’apparition d’usagers aisés, autrefois rarement visibles.

Par ailleurs, l’absence de titre de transport a été rapportée comme un élément central pour favoriser l’utilisation des transports en commun. Les enquêtes menées mettent en avant la faible contrainte ainsi permise par le bus, par rapport à la voiture. En outre, la gratuité, en réduisant les déplacements avec un véhicule personnel, permet une augmentation du périmètre de vie pour les habitants qui n’en possèdent pas et une réduction des frais de transports pour les autres. A Dunkerque, il a par exemple été estimé que la gratuité des transports présentera une économie pour les habitants de 4,5 millions d’euros par an (entre 200 et 500 euros/an pour les familles comptant un collégien et/ou lycéen).

Enfin, il est souligné l’importance de poursuivre les adaptations du réseau pour lui permettre de conserver son attractivité par rapport aux autres modes transport (fréquence, amplitude horaire, ponctualité, qualité de service, lisibilité du réseau et des points d’arrêt) et notamment dans les quartiers les moins favorisés. Dans cette idée, la Communauté Urbaine de Dunkerque a adossé le passage à la gratuité à une réorganisation complète du réseau  incluant une hausse de fréquences, une desserte à moins de 300 mètres de tout logement en cœur d’agglomération et la mise en place de « stations de mobilité » qui sera un critère majeur pour les futures projets d’urbanisme.

0