En France 50 000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque brutal, 3 personnes par jour à Paris. Aujourd’hui, seules 8% survivent, alors qu’elles sont 40% dans les pays qui ont adopté des programmes de formation aux premiers secours et d’installation de défibrillateurs. Fin 2015, les élus parisiens ont adopté un plan « Paris qui sauve » pour faire de la formation aux premiers secours et de l’installation de défibrillateurs, un axe structurant de la stratégie de résilience. Au-delà, l’objectif est, qu’en 2030, 90% des parisien.nes connaissent les bons comportements à adopter face aux risques sanitaires et environnementaux sévères.

Méthode :

Paris qui sauve est un plan qui rassemble les acteurs du secours et mobilise la population et les agents du service public pour faire des premiers secours, un levier de solidarité et de citoyenneté. Déployé depuis mars 2016, ce plan se décline en 3 axes :

  • formation aux gestes qui sauvent
  • déploiement de défibrillateurs accessibles 24h/24
  • prévention du psychotraumatisme

Il est porté par la sous-direction de la santé, avec un partenariat très large.

Résultats :

Ce plan a permis à 430 000 personnes d’apprendre à sauver une vie, lors d’initiatives grand public : « samedi qui sauve » dans les Mairies d’arrondissement, animations estivales Place de la République ou Paris Plage, « Tous les jeunes ont du cœur » formation de 9000 élèves de CM2. D’autres actions sont menées vers des publics spécifiques (gardiens du parc social, jeunes en insertion, …) ou les agents de la ville. Parallèlement, Paris renforce son équipement en défibrillateurs et projette d’installer des défibrillateurs sur l’espace public à côté des pharmacies (visibilité des « croix vertes »). Le 3è volet porte sur la prévention du psychotraumatisme, basé sur la formation des agents et la création d’une Unité Mobile d’Intervention Psychologique, qui intervient lors d’événements traumatogènes dans un service municipal.

Discussion et analyse :

Chacun peut être confronté à un besoin de secours dans son environnement familial. Les jeunes en insertion, de l’ASE, les personnes âgées, les personnes en situation de précarité, … trouvent dans ce programme une action valorisante, qui resserre le lien social. Les jardiniers ou les agents de la propreté de Paris y voient une compétence de nature à changer le regard des parisien.nes sur leurs professions. Plus largement, il s’agit de mobiliser les habitants pour renforcer la résilience face à un choc comme au quotidien, renforcer la solidarité dans les quartiers et promouvoir l’engagement citoyen.

Eléments de réussite pouvant être capitalisables dans d’autres structures :

Devant le double enjeu, améliorer la mortalité en cas de mort subite, et mettre en place une stratégie de résilience qui renforce la cohésion sociale et prépare la population aux situations difficiles comme des événements climatiques de grande ampleur ou la menace terroriste, il s’est agi de sortir les gestes qui sauvent d’un domaine d’initiés, pour en faire une question collective, la responsabilité de chacun. En s’appuyant sur les professionnels du secours (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Brigade des sapeurs-pompiers de Paris) et les associations de bénévoles (Protection Civile et Croix rouge Française), mais aussi sur l’Education nationale, les associations de quartier, les clubs de prévention, les associations d’insertion, et les agents de la collectivité, des opérations « grand public » et des opérations de quartier sont menées pour, grâce à l’apprentissage de quelques gestes simples, amener à une prise de conscience collective de ce que chacun peut faire, pour les siens, pour ses voisins, tisser des liens, renforcer l’inclusion sociale, et promouvoir l’engagement citoyen. Il s’agit surtout de soutenir la résilience psychologique, priorité quand les menaces, notamment terroristes, font peser des risques sur la cohésion sociale.