La Ville de Bourg-en-Bresse porte depuis plusieurs années une attention particulière à l’exposition des enfants aux pollutions (air-bruit), notamment liées au trafic automobile. Pour permettre une action concertée des différentes parties prenantes (aménagement urbain et déplacements notamment), une sensibilisation aux problématiques sanitaires liées au bruit et à la pollution atmosphérique des autres services a été réalisée. Afin de faciliter une action concertée, les différentes données disponibles dans chaque service ont été mutualisées, via le SIG (Service d’Information Géographique) de la Ville. Celles-ci comprenaient notamment les cartes stratégiques du bruit élaborées dans les cadre des PPBE (Plans de Prévention du Bruit dans l’Environnement), les cartes de qualité de l’air et les comptages routiers.

 

Un diagnostic a été réalisé lors de l’étude des déplacements en 2014/15, qui a intégré les enjeux

sanitaires. Grâce à la diversité des données disponibles, différents « points noirs » ont pu être identifiés et notamment une rue enclavée, avec, en bordure immédiate des voies de circulation, de nombreux logements vétustes et peu isolés, ainsi qu’une école primaire. En l’occurrence, les logements les plus exposés étaient également les plus vétustes, souvent occupés par des familles en situation de précarité sociale, dont les parents cumulent parfois une double exposition domicile-travail.

 

Deux actions ont été mises en œuvre au regard de ce constat. Il a été choisi de réduire le trafic dans cette rue, en passant de 2 voies de circulation à 1 seule, avec une voie de bus en site propre. Dans un autre site, l’action sur le trafic était impossible à court terme. Le plan de rénovation énergétique du groupe scolaire a donc été adapté pour améliorer l’isolation des fenêtres et intégrer un système de VMC afin de permettre un meilleur renouvellement de l’air intérieur dans un contexte où les fenêtres ne pouvaient pas être ouvertes.

 

L’évaluation du résultat de ces choix s’est montrée très positive. La réduction du nombre de voies de circulation a notamment permis une diminution du trafic de plus de 50 % (11 000 véhicules/jour en 2011 vs 4 700/jour en 2018). L’exposition au bruit a également pu être réduite et est à présent en deçà de la limite exposant à un risque pour la santé (en 2014, 266 personnes étaient exposées à un bruit dépassant 68db(A) la journée). L’application des obligations réglementaires du PPBE a permis de renforcer les collaborations existantes entre les services municipaux en leur donnant un cadre de réflexion et d’intervention. Par ailleurs, la mutualisation instaurée au travers du SIG a permis de disposer d’une source de diagnostic partagé pour les différents services, facilitant les collaborations. En complément, le développement, en Auvergne-Rhône-Alpes, de la plateforme ORHANE (Observatoire Régional Harmonisé des Nuisances Environnementales) vient appuyer les travaux autour de ces questions en donnant accès à ces informations à une échelle régionale (www.orhane.fr).