Le Maire a, au titre de ses pouvoirs de police, la responsabilité de prévenir les maladies épidémiques ou contagieuses, et de remédier aux événements qui pourraient être occasionnés par la présence des animaux nuisibles.

La dératisation se justifie sur le plan de l’hygiène et de la santé : les rongeurs sont des réservoirs de virus et des transmetteurs de maladies pour l’homme et certains animaux. La présence de rats à proximité des populations, dans les propriétés privées, les habitations, est source de stress, de mal-être, de sentiment d’insécurité. Sur le plan économique, les rongeurs sont la cause de préjudices matériels important. Ils s’attaquent aux denrées alimentaires, aux installations industrielles et domestiques. Ils sont directement responsables d’accidents et incendies dans l’industrie, le tertiaire… Ils occasionnent des dégâts aux réseaux, voiries, bâtiments, espaces verts… Selon l’OMS, le coût des dégâts occasionnés par les rongeurs aux USA est estimé à 19 milliards de dollars par an. Enfin, la présence visible de rats donne une mauvaise image de la ville et des services. Les élus sont souvent sollicités à ce sujet et les réponses apportées ne sont en général que curatives.

Des réflexions menées depuis plusieurs années, et la réalisation d’un audit à l’automne 2017, ont amené la Ville de La Rochelle à adopter une nouvelle stratégie de lutte préventive. Cette approche globale, basée sur une meilleure gestion de l’environnement urbain, propose de limiter les ressources disponibles pour les nuisibles, et s’inscrit dans une démarche de développement durable, de préservation de l’environnement et de protection de la santé des habitants. Le but est de limiter la présence visible des rats et le nombre de signalements adressés aux services, tout en diminuant le recours aux raticides.

La prise en compte de la problématique dès la phase de conception des projets de construction/rénovation et d’aménagement et le recours au rat-proofing (prératisation) lors de la réalisation de travaux sont essentiels pour créer des espaces urbains moins favorables aux nuisibles. Un plan d’action a été mis en oeuvre en 2018 avec plusieurs services de la Ville afin d’améliorer les pratiques d’aménagement et de gestion des espaces et bâtiments communaux. Une évaluation aura lieu fin 2018.

La mise en place de ces actions doit également permettre de justifier l’arrêt de la distribution gratuite de raticide et d’inciter les citoyens à favoriser une approche préventive de ces nuisances, et à limiter le recours aux rodenticides, souvent mal utilisés.